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“Aux côtés des familles en détresse” Association AUDACIA – Centre Presse – Reportage de M. NAIZET

 

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“Aux côtés des familles en détresse”

 

À Poitiers, onze familles en détresse sont hébergées par le pôle enfance-famille. Accompagnées, elles tentent de s’en sortir et de retrouver un semblant de vie normale.

 

Depuis 1963, l’association Audacia, anciennement Entraide sociale poitevine, vient en aide aux personnes vulnérables et en situation de précarité. Elle intervient à travers cinq pôles, mis en place en 2013 : les personnes isolées, la famille-enfance, les migrants, les personnes âgées et les handicapés ou en perte d’autonomie. « La précarité peut être de différents ordres: administrative, financière, sociale ou culturelle. La porte d’entrée reste l’absence d’hébergement », explique Adeline Ditre, responsable adjointe du pôle famille-enfance. À une exception près. « Les personnes en situation d’urgence absolue sont gérées par le 115 (Samu social). »

 

« Un parent isolé peut avoir un agenda de ministre »

Au sein du centre d’hébergement et de réinsertion sociale du pôle famille-enfance (1), onze familles sont accueillies au sein de cette résidence (2) qui paraît d’extérieur tout à fait comparable à un immeuble. Actuellement, 28 personnes logent dans les onze appartements du CHRS (3). « Nous recevons des couples sans enfant, des couples avec enfants et des personnes seules avec leurs enfants. » Pour eux, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille. Violences conjugales, difficultés financières, analphabétisation, isolement… Les motifs sont nombreux pour ces personnes en grandes difficultés qui ont toutes un titre de séjour. « Si ce n’est pas le cas, elles sont orientées vers le Samu social », rappelle la responsable adjointe.
Quand c’est le cas, une assistance familiale est alors contactée. « Ensuite, il y a une demande de SIAO (Service intégré de l’accueil et de l’orientation). Tous les mardis, une commission se réunit et oriente les familles vers les opérateurs compétents. Puis, je les rencontre. J’effectue un entretien d’évaluation. Lors des jours suivants, nous prononçons un accord ou un refus d’hébergement. » Pour Adeline Ditre, ce sont toujours des décisions difficiles à prendre. « Ce n’est pas un arbitrage évident. Même si un cadre existe, ce n’est jamais facile de prendre une décision face à des personnes en détresse. » En cas d’accord, les familles doivent encore attendre qu’une place se libère. « Nous avons une liste d’attente. Ça peut durer une semaine, comme plusieurs mois. Les rotations ne peuvent pas se prévoir. On ne peut rien anticiper », avoue avec franchise Adeline Ditre. Pendant ce laps de temps, les familles doivent trouver des solutions par elles-mêmes, et garder espoir.

 

Une équipe derrière eux

Une fois hébergées, elles restent au minimum six mois au centre. Les hébergements sont renouvelables. « Une famille est restée six ans, mais ça reste exceptionnel. » Plus qu’un simple hébergement, le CHRS accompagne les familles grâce à l’intervention de douze travailleurs sociaux et d’un psychologue. « Quand elles arrivent ici, elles doivent être capables de coopérer et supporter l’intrusion. Le travailleur social va remettre en cause les dysfonctionnements. Par exemple, il va chercher à comprendre pourquoi la famille a 10.000 euros d’impayés de loyer, détaille Adeline Ditre. Le travailleur social les rencontre au minimum une fois par semaine. Il faut les épauler aussi. Parfois, un parent isolé peut avoir un agenda de ministre », concède-t-elle. Deux veilleurs de nuit surveillent également le refuge, où un comportement civique est demandé. « Les comportements agressifs, les nuisances sonores ou les fêtes sont proscrits. On les sensibilise pour l’après, l’insertion professionnelle et les règles de vie. » Grâce au CHRS, les familles se reconstruisent petit à petit pour retrouver ou découvrir une vie sereine et apaisée. Avant de voler de leurs propres ailes vers un avenir plus paisible.

 

(1) En dehors de la résidence, le pôle enfance-famille suit près de 65 autres personnes logées dans différents lieux sur Poitiers.
(2) Le lieu restera volontairement secret pour assurer la sécurité des familles et des équipes.
(3) L’État finance en grande majorité les centres d’hébergement et de réinsertion sociale de Poitiers. La direction départementale de la cohésion sociale garde un œil sur la bonne application des politiques publiques.

Matthieu Naizet

Article sur le site https://www.centre-presse.fr/article-780294-aux-cotes-des-familles-en-detresse.html

 

 

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