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DES VIES FRANCAISES / FRANCE INTER “Michel, trop de silences. Episode 1 Le cousin, le prêtre et le directeur d’école”

“A trois, dix et douze ans, Michel a subi l’innommable. Pendant des années, ne pouvant mettre des mots sur cet indicible, il s’est tu et a tout fait pour ne rien laisser transparaître de ses blessures. Jusqu’au jour où, à 48 ans, le poids du silence est devenu trop lourd à porter.”

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“Issu d’un milieu familial très conservateur, Michel a grandi à Paris à une époque où l’on dressait les enfants plus que l’on ne les éduquait. Son père, fervent catholique et assez brutal à ses heures, imposait le silence à ses enfants qui devaient respect et obéissance aux adultes. Alors, lorsque Michel a subi l’innommable, d’abord par un cousin de onze ans son aîné, puis par un prêtre qui lui dispensait le catéchisme au presbytère de la Cathédrale de Versailles, et enfin par un membre de la direction de l’école catholique qu’il fréquentait à Versailles, il s’est tu”. 

“D’abord, ce que j’ aurais eu à dire était indicible: un enfant n’a pas les mots pour ça, et puis il ne serait pas entendu, et puis il faut se taire. Ce qui plaisait à mon père c’était que l’on se taise. Par exemple à table, il ne fallait pas dire un mot, il n’y avait que lui qui avait le droit de parler. Donc on ne parle pas. Et puis ensuite, j’avais été formaté pour obéir aux adultes, donc je n’ai rien dit”.

Un silence qui a duré 35 années, pendant lesquelles il s’est plongé dans de longues études et a réussi à construire une vie en apparence tout ce qu’il y a de plus normal: il s’est marié, a eu des enfants, une belle carrière de cadre dans l’aéronautique. “

Récit d’une blessure intime qui touche près d’un enfant sur dix en France, et qui bien souvent se reproduit de génération en génération.  Un cercle de reproduction de la violence auquel Michel a voulu mettre fin en en faisant autre chose.

Pour réécouter le témoignage de MICHEL, voici le lien : 👉https://www.franceinter.fr/emissions/des-vies-francaises/des-vies-francaises-01-mai-2021 (Durée : 10 mn)

L’équipe :

Charlotte Perry  Productrice

Anne Lhioreau  Réalisatrice

 

DES VIES FRANCAISES, EPISODE 2 : “Michel, trop de silences. Mettre des mots sur les maux” (Durée : 9 mn)

👉https://www.franceinter.fr/emissions/des-vies-francaises/des-vies-francaises-08-mai-2021

Michel a été victime d’inceste et de viols au cours de son enfance. Aujourd’hui, il est convaincu que les mesures de justice restaurative, qui instaurent le dialogue entre condamnés et victimes, peuvent permettre de diminuer la récidive des auteurs et offrir aux victimes la possibilité de mettre des mots sur leurs maux.” 

“C’est au travers d’une grande association caritative, pour laquelle il était bénévole dans une prison, que Michel a pour la première fois entendu parler de justice restaurative.  Entrée dans la loi en 2014, la justice restaurative comprend tout un panel de mesures qui prolongent le procès pénal et qui permettent à des auteurs de crimes ou de délits de rencontrer des victimes afin d’échanger ensemble sur ce que vivent ou ont vécu les uns et les autres. En 2019, après une formation, Michel a assisté à une rencontre entre condamnés et victimes d’agressions sexuelles, en tant que membre de la communauté – c’est à dire en tant que représentant de la société, qui accompagne ces rencontres.”

Une expérience qui l’a profondément bouleversé et qu’il souhaiterait renouveler, car il est aujourd’hui convaincu qu’elle est bénéfique pour tous: pour les auteurs qui, pour la première fois, entendent vraiment ce que les victimes peuvent ressentir et réalisent les conséquences de leurs actes ; pour les victimes, qui peuvent mettre des mots sur ce qui leur est arrivé ; et enfin, pour la société toute entière qui a tout intérêt à mettre les garde-fous nécessaires pour éviter la récidive et prévenir de futures victimes potentielles.”   

Il ne s’agit pas de pardon, mais il s’agit de retrouver l’humanité en chacun. Et si grâce à cela on peut faire en sorte qu’il y ait moins de récidive, et donc pour l’avenir moins de victimes, même s’il y en avait qu’une seule épargnée, ce serait déjà ça de gagné. Ça a été ma façon à moi d’essayer de transformer ce qui m’est arrivé en positif, d’en faire quelque chose, pour pouvoir ré-émerger.”

L’équipe :

Charlotte Perry  Productrice

Anne Lhioreau  Réalisatrice

des vies francaises

 

Pour en savoir plus :

https://www.france-victimes.fr/index.php/nos-engagements/justice-restaurative

Le site de l’Institut Français de justice Restaurative (IFJR)