LE MONDE.FR “Gaël Morel dans l’intimité de celles et ceux qui ont fui l’homophobie familiale” (DVD)

 

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“Le réalisateur de « Famille tu me hais » donne la parole à de jeunes gens qui ont dû quitter le foyer du fait de leur orientation sexuelle.”

Par Clarisse Fabre. LE MONDE.FR

Publié le 19 mai 2021.

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Est-il possible, encore aujourd’hui, que des parents détruisent les travaux de couture de leur garçon parce que, disent-ils, c’est « un travail de pédé » ? Qu’une jeune fille se fasse traiter à longueur de journée de « sale gouine » par sa tante qui l’héberge ou qu’un père ayant découvert l’homosexualité de son fils lui donne un coup de couteau dans la gorge au réveil ? Après son passage sur France 3 le 18 décembre 2020, Famille tu me hais, de Gaël Morel, sort en DVD, accompagné d’un entretien avec le réalisateur. Révélé comme acteur dans Les Roseaux sauvages (1994), d’André Téchiné, Gaël Morel, né en 1972, est avant tout un cinéaste, auteur de plusieurs longs-métrages, avec Catherine Deneuve (Après lui, 2007), Sandrine Bonnaire (Prendre le large, 2017), etc.

Détournant la phrase d’André Gide « Familles, je vous hais ! », le documentaire de Gaël Morel a la force de sa simplicité. Face caméra, filmés chez eux ou dans un paysage familier, de jeunes gens racontent leur histoire. Souvent la même, avec des variantes selon les circonstances et le degré d’horreur enduré par ces garçons et ces filles. Ils et elles ont dû quitter le foyer familial du fait de leur orientation sexuelle. Gaël Morel leur laisse toute liberté de se raconter, de trouver leurs mots, sans chercher à tout savoir.

« Affaire de langage »

Cette parole indisciplinée nous attache aux « personnages », dont la personnalité se révèle à l’écran. On comprend, mieux que dans un discours, les mini-effets collatéraux de la séparation. Ceux qui vous crèvent le cœur presque autant que le rejet. Comme de partir un soir par la fenêtre sans dire au revoir à sa mère, pour ne pas éveiller de soupçons. Ou de se rendre compte que l’on n’appellera plus ses parents que par un terme neutre, biologique, sans affect : géniteur, génitrice.

Parrain de l’association Le Refuge, qui accueille des jeunes LGBT + (lesbien, gay, bi, trans, etc.) en rupture avec leur famille, le cinéaste fait résonner l’homophobie là où l’on s’attendait le moins à la trouver : chez les proches. « L’homophobie est d’abord affaire de langage », expliquait Gaël Morel au micro d’Augustin Trapenard, lundi 17 mai sur France Inter : ces jeunes gens ne quittent pas la maison parce qu’ils sont homosexuels, mais parce que « leurs parents sont homophobes », dit-il. Nuance. Il faut retourner les termes. Des gens font des enfants, puis les rejettent parce qu’ils sont homos. Ils supposaient donc que leur descendance ne pouvait être qu’hétéro ?

Par Clarisse Fabre

Voici le lien :

https://www.lemonde.fr/culture/article/2021/05/19/dvd-gael-morel-dans-l-intimite-de-celles-et-ceux-qui-ont-fui-l-homophobie-familiale_6080752_3246.html

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POUR EN SAVOIR PLUS :

Dans “Famille, tu me hais”, Gaël Morel documente l’histoire de sept jeunes ayant vécu l’homophobie dans le cadre familial. Des témoignages forts et peu visibles dans la société française. Parmi eux, Julien Laborde, battu, insulté et rejeté par sa famille après qu’ils ont découvert son homosexualité. (ARTE)

VIDEO disponible du 26/05/2021 au 26/05/2022 (Durée : 12 mn).

https://www.arte.tv/fr/videos/104061-001-A/l-homophobie-une-affaire-de-famille/

FONDATION LE REFUGE : 👉

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