Ce texte a pour objectif de rendre hommage à toutes les femmes victimes de violences (physiques, verbales, psychologiques, économiques, harcèlement, agressions, menaces, intimidations, contrôle coercitif…) à toutes les femmes que j’ai rencontrées dans le passé et aujourd’hui.
J’écoute et j’accueille la parole des femmes qui osent parler, qui sortent du silence, celles qui décident de ne plus se taire.
En tant que femme, en tant que citoyenne, je refuse de fermer les yeux, de ne pas entendre cette peur, cette souffrance, cette douleur chez ces femmes qui ont été ou sont encore victimes de violence.
En 2026, encore, il y a des hommes qui se sentent autorisés à exercer des violences (physiques, verbales, psychologiques, économiques…) envers leurs amies, compagnes, conjointes (ou ex-compagnes, ex-conjointes, ex-copines…) se pensant au dessus des LOIS. Ils se sentent TOUS PUISSANTS. Ils utilisent toujours les mêmes stratégies : repérer des femmes fragiles, vulnérables, des femmes seules ou isolées, des femmes qui ont besoin de se sentir aimées, reconnues, entourées, choyées, et multiples autres raisons… Des «proies » pour ces menteurs, manipulateurs, escrocs, n’hésitant pas à vider les comptes bancaires de leurs victimes, laissant à celles-ci la responsabilité du remboursement.
Et il y a également des hommes qui profitent largement de leur activité professionnelle (dans tous les domaines : enseignement, sport, loisirs, santé, soins…) et de leur statut pour repérer les futures « proies ». Sans scrupules, toujours se sentant forts, n’étant pour le moment pas encore rattrapés par la JUSTICE, semble t-il. Persuadés que leurs nombreuses victimes ne parleront pas, ne porteront pas plainte pour des faits de violence ou d’escroquerie car « elles ont trop peur », « elles sont sous la coupe, sous emprise », elles sont seules, isolées, elles n’auront pas le courage de parler. Ces hommes sont certains de leur force, de leur charisme, de leur « rayonnement ».
Pour les femmes victimes de violence, ce que je constate c’est que leur parole est mise en doute. Est-ce vrai ? Ne ment-elle pas ? Ce n’est pas possible… Pas lui ? Pourquoi lui avoir donné de l’argent ? Pourquoi s’est-elle laissé faire ? Pourquoi ne pas être partie ? Ils étaient ensemble, ils avaient une relation amoureuse. Elle était avec lui, non ? Est-ce la seule victime ? Tu la crois ? A-t-elle porté plainte ? Est-ce avéré ?
Ce qui se passe dans la sphère privée, reste dans la sphère privée?? Et bien non, cela nous concerne tous et toutes. Je crois en la solidarité et en la sororité. Il n’y a aucune raison de mentir, aucune je vous l’assure, prendre la parole, oser se confier, cela demande du COURAGE. Il faut pouvoir dépasser sa peur, sa honte, sa culpabilité. C’est un IMMENSE pas à franchir !
A toutes les personnes qui entendent ces témoignages et qui mettent en doute leur récit, leur témoignage, ou qui ne veulent pas entendre cette réalité, celle qui vient écorcher leur « IDEAL », je vous le dis : Avez-vous pris le temps de poser ces questions à vos ami.es, à vos copines, à vos proches au moins une fois dans votre vie : « As-tu déjà été agressé (e) dans la rue ou ailleurs ? As-tu déjà subi du harcèlement ? Quelqu’un t-a-t-il déjà fait du mal ou s’est-il mal comporté avec toi ? As-tu déjà eu peur de quelqu’un en particulier ?».
Pensez-y !
Avez-vous pris le temps d’écouter attentivement vos ami.es, vos copines, vos sœurs ? Est-ce que vous pourriez vous en souvenir ?
A toutes les femmes qui n’ont pas pu ou n’ont pas eu l’espace de pouvoir se confier à quelqu’un, je leur souhaite un jour de pouvoir le faire en toute sécurité.
Quand une femme victime vous dit : « je te remercie de me croire », moi je le prends comme un cadeau. Je lui suis reconnaissante de cette confiance qui m’est accordée.
Récemment, j’ai été surprise par les réactions de mon entourage , il y a ceux et celles qui t’écoutent, accueillent ta parole, qui t’accordent leur confiance, et il y a ceux et celles qui ne sont pas en mesure de pouvoir entendre ton témoignage, car c’est trop difficile, trop insupportable, celles qui balayent tout ce que tu viens de dire en un geste, car cela vient égratigner fortement ou casser l’image de cet homme respectable qu’ils connaissent si bien depuis plusieurs années, celui qui est aimé, adoré, respecté. Enfin ! Cet homme violent dont tu me parles c’est un ami, un pote, un copain, un professeur, un animateur, un coach, un frère ! Il travaille, il est engagé dans l’action sociale, il s’implique dans des actions citoyennes, il promeut des valeurs de fraternité, de solidarité… Je me dis avec beaucoup de recul, il avait du mal à entendre le « NON », il ne tenait pas compte du refus d’être touchée, entourée, collée…Il y a des signes tout de même quand on veut bien les voir… Ne pas entendre un « non » c’est déjà une alerte ! Un indicateur ! A quel moment les hommes pensent-ils que le corps des femmes leur appartient ? A quel moment ont-ils pu penser que nous étions un OBJET, un BIEN ?
Et oui, c’est un choc ! Ah oui on tombe de haut ! J’en ai fait l’expérience… Ca fait mal croyez-moi !! Il faut quelques jours pour sortir de la sidération.
Deux possibilités : soit la personne est en capacité d’entendre le témoignage de la femme victime de violence, soit elle est dans le déni… soit elle détourne le regard. Trop dur d’entendre tout cela, trop violent !
Pour moi, la question est : comment faire pour que le silence imposé à la personne victime de violences ne soit pas non plus une injonction à se taire pour les proches, les ami.es, les potes, les copines, les collègues de travail… Se taire, ne rien dire par peur de menaces, de représailles sur la femme victime ?
Comment ne pas subir ce SILENCE imposé par l’agresseur ?
Comment faire autrement ?
Il existe des moyens de résister. Il y a des solutions pour ne pas s’enfermer dans le silence.
Ecrire me parait la bonne solution pour moi aujourd’hui après avoir dépassé le choc, la colère, la sidération, la consternation, mon cerveau peut enfin se mettre en marche, il y a là une question de survie, il me semble. Il s’agit pour moi de ne pas baisser les bras, de ne pas me résigner, je me sens indignée et en lutte. Poursuivre ce travail d’écoute auprès des personnes victimes de violences, tel est mon engagement auprès de ces femmes.
A tous ces hommes qui pensent qu’ils ne risquent rien, qu’ils sont protégés ou libres de poursuivre leur emprise, leur violence je vous le dis MESSIEURS, croyez moi les femmes sont fortes, courageuses, solides bien plus que vous ne pouvez l’imaginer ! Les femmes vont se battre pour être entendues !
Je laisse la JUSTICE faire son devoir. Je soutiens et remercie toutes les associations qui viennent en aide aux femmes victimes de violence. (CIDFF DE LA VIENNE / LA MAISON FREYJA AU CHU DE POITIERS) et d’autres espaces possibles dans toute la France.
En conclusion, je reprends cet extrait d’une interview de CYNTHIA FLEURY, Philosophe et psychanalyste.
La définition du courage : « Le courage repose sur une sagesse pratique, qui a l’intelligence du contexte, des rapports de force en présence. Être courageux suppose d’avoir peur et de prendre des risques en conscience, parce qu’ils sont au service d’une cohérence politique et morale supérieure. Donc le courage « sert » autant à tenter de transformer le monde qu’à éviter l’effondrement intérieur, à maintenir une continuité de soi dans un environnement qui pousse à la dislocation. »
Le DAUPHINE LIBERE du 11.01.206 / CYNTHIA FLEURY « La fin du courage » Ed. FAYARD / 2010
Pour finir, je vous invite à lire quelques ouvrages intéressants et importants pour mieux comprendre ce que sont les violences conjugales, les violences faites aux femmes ET aux enfants, l’emprise, le contrôle coercitif, la manipulation, les relations toxiques, l’enfermement vécu et subi, l’isolement, la honte, la culpabilité…
« Nos absentes à l’origine des féminicides » de Laurène Daycar
« Le consentement » de Vanessa Springora
« Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux » de Judith Godrèche
« La familia grande » de Camille Kouchner
« Ou peut-être une nuit » de Charlotte Pudlowski»
« 125 et des milliers » ouvrage collectif, pensé et conçu par Sarah Barukhfb
«160 000 enfants violences sexuelles et déni social » de Edouard Durand
« La fin du silence à l’écoute des violences masculines faites aux femmes » par Lydie Bodiou, Frédéric Chauvaud, et Héloïse Morel.
👉 A voir sur le site d’ARTE, le documentaire « Je vais te tuer » de KARINE DUSFOUR
https://a-la-croiseedeschemins.fr/2025/11/17/arte-je-vais-te-tuer-documentaire/
Sur France TV / C CE SOIR « FEMINICIDES L’ETAT D’URGENCE »