HORS NORMES LE FILM
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“HORS NORMES” un FILM DE ERIC TOLEDANO ET OLIVIER NAKACHE

HORS NORMES” un film de ERIC TOLEDANO et OLIVIER NAKACHE

Avec Vincent Cassel, Reda Kateb et Hélène Vincent.

“HORS NORMES” Une séance inattendue …!

Nous avons pris le risque de dépasser nos représentations, et nous n’avons pas été déçus.

On y voit deux structures d’accueil, hébergement et insertion, pour un public en grande difficulté, cas complexes pour lesquels la société n’offre plus de réponse, laissant souvent les familles dans un profond désarroi.

La mère d’un des adultes accueillis, Joseph, interprétée par Hélène Vincent, explique très justement aux inspecteurs de l’IGAS (Inspection Générale de l’Action Sociale) la détresse des familles, laissées sans solution de prise en charge respectant les besoins de leurs enfants. Selon elle : “Pour moi le monde se divise en deux catégories : il y a ceux qui ne vous regardent plus, ceux qui ne vous écoutent plus, et puis il y a les autres, croyez moi ils ne sont pas nombreux”.

C’est une réalité que beaucoup des patients les plus complexes restent sans accompagnement, à la charge de leur famille ou bien en secteur hospitalier fermé quand celle-ci n’est pas présente.

Nous sommes touchés à de nombreux moments, tant la beauté des scènes d’accompagnement est éclatante. On touche du doigt la profondeur de l’engagement de Bruno et Malik, dans un quotidien souvent sous tension, avec un énorme investissement dans les projets des personnes accompagnées : “On n’est pas loin Joseph, on n’est pas loin…

Là où nous pressentions de la dévotion, nous sommes marqués par la place “hors norme” du professionnel dans la vie des deux responsables, place à laquelle Bruno semble avoir été appelé (au sens de vocare) après un séjour de vacances où Joseph était présent, retour étymologique au sens premier du mot vocation. Cette rencontre semble avoir réorienté la vie de Bruno. Leur vie privée paraît  inexistante tant ces deux là semblent se réaliser à travers l’accumulation du quotidien, l’afflux constant des demandes, les situations d’urgence.

Le choix du “un pour un” dans l’accompagnement se confronte à la réalité économique quand le comptable rappelle à Bruno “qu’il doit arrêter de dire à tout le monde qu’il va trouver une solution”.

Malik évoque avec un jeune, aspirant à être éducateur, l’occasion qui se présente à lui de “devenir quelqu’un”. Est assumé clairement ici l’accomplissement personnel à travers l’accompagnement professionnel.

Enfin, dans la scène où les deux inspecteurs de l’IGAS rencontrent la docteure qui exerce dans une unité spécialisée accueillant des cas complexes, celle-ci défend le projet de cette structure d’accueil et en reconnait également les résultats : “cette association répond aux besoins dans l’urgence sans condition elle accepte des patients que la société refoule ou qui semblent impossible à améliorer”.  (…)“ Ils innovent, ils sortent des clous.”

 Cette démarche nous rappelle la nécessité de remettre la personne accompagnée dans la vie, ce qui revient à ne pas renoncer à son statut d’être humain.